Paroles d'Auxiliatrices

Auxiliatrices des âmes du purgatoire

"Il n'y a aucune frontière à l'amour"

"Communion des saints, tu seras ma vie"

Un nom, des phrases "slogan" issues de notre tradition, un même esprit qui nous fait vivre, mais qu'est-ce que cela veut dire concrètement ?

Quelques Auxiliatrices se risquent à nous dire comment elles vivent de cet esprit.

Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

 

video GG

Aider tout homme à atteindre le but de sa création

Lors d’une retraite, j’ai entendu fortement résonner en moi cet appel à libérer l’homme, à le (re)mettre debout, à l’aider à devenir davantage ce qu’il est : un homme, une femme créé(e) à l’image de Dieu (Gn 1, 27). Depuis c’est pour moi comme le ressort vital, l’élan qui m’anime dans tout ce que je vis.
« (Re)mettre l’homme debout », c’est le libérer de ses servitudes, de ses enfermements souvent issus de son histoire. Ceux-ci ont parfois été construits, consciemment ou non, pour se protéger ou par souci d’un paraître qui n’est pas l’être véritable, ou bien encore par peur, par honte, par jalousie…
Maintenant me voici au Tchad, depuis septembre 2015, où je suis envoyée dans un collège de filles. J’essaie de les aider à s’épanouir humainement et spirituellement par des temps de formation chrétienne, un cours sur les religions, et aussi l’enseignement du français. Participer à l’éducation des filles, c’est travailler à la reconnaissance de la femme dans un pays où traditions et coutumes pèsent sur sa liberté et son épanouissement.
J’ai retrouvé le scoutisme qui m’a en partie façonnée humainement et spirituellement. Alors, j’essaie d’accompagner les Guides de la petite ville de Bitkine sur ce chemin de croissance. Ce n’est pas aisé car je sens que nos repères culturels sont différents tout comme les dynamismes et les « ressorts » de la vie. Alors, je me laisse conduire et surtout je laisse le Christ agir à travers moi pour aider chacune des Guides à s’accomplir, à être à l’image de Dieu quelle que soit sa religion : chrétienne ou musulmane.
Cet appel entendu à mettre l’homme debout, pour être pleinement lui-même à l’image de Dieu, est comme le fil rouge de ma vie et il m’anime à chaque instant.

Sylvie

video MAB

charite chinoisIl n’y a pas de frontière à l’amour

« Nous croyons qu’il n’y a aucune frontière à l’amour et sommes solidaires de tous ceux qui suivent Jésus-Christ dans sa Pâque, qu’ils soient sur la terre ou passés par la mort. » Cette phrase des Constitutions des Sœurs Auxiliatrices nourrit mon espérance. Elle s’inscrit dans ma foi en Jésus-Christ qui a souffert, est mort, est ressuscité et nous donne part ensemble à la vie de Dieu. Elle me parle d’une solidarité entre les peuples et d’une solidarité entre vivants et morts : la mort n’est plus conçue comme une frontière mais un passage, une Pâque vers une Vie autre, que Jésus nous promet si nous nous appuyons avec confiance sur lui. Elle m’appelle aussi à m’engager auprès de ceux qui vivent des passages douloureux ou angoissants, en accueillant mon impuissance avec Jésus sur la croix, en renforçant ma confiance qu’Il est là présent avec nous, en cultivant mon espérance d’une vie pouvant jaillir de nos situations mortifères.
C’est dans cette dynamique que je suis devenue aumônier d’hôpital. J’apprends à être une présence gratuite auprès de ceux qui souffrent, de ceux dont la vie est menacée ou qui en questionnent le sens. Je n’ai pas d’autre projet que d’être disponible à leurs côtés, solidaire dans la même humanité souffrante et vivante. En visitant un service de grossesses à risques élevés et un service de réanimation néonatale, je contemple la capacité d’amour enfouie en l’être humain et cela me parle de Dieu dont l’amour passe toute frontière.
Croire qu’il n’y a « pas de frontière à l’amour » m’appelle à laisser grandir ma foi que Dieu est prêt à accompagner chacun de ses enfants, qu’il leur a donné des chemins différents pour faire grandir leur humanité et recevoir la vie pour la partager. Croire qu’Il attend chacun, à l’heure de sa mort, pour lui offrir son amour, manifesté en Jésus, d’une façon qui me dépasse car Dieu est au-delà de ce que je peux concevoir.
Ces jours-ci, j’ai accompagné une femme musulmane, migrante, seule en France avec ses enfants dont le bébé était en train de mourir. J’ai pu l’aider à prier, recevant de l’Esprit des mots pour nous adresser ensemble en vérité à Dieu Un et miséricordieux, puis je l’ai écoutée avec respect prier Allah selon sa tradition dans la langue de son pays. Je crois que Dieu était présent avec nous car Il est toujours avec nous et qu’il n’y a pas de frontière pour arrêter son amour. À la suite de Jésus-Christ, j’essaie de vivre et d’aimer et c’est pourquoi j’appelle Dieu Père. Mais j’entends comme un appel de ce Père à faire grandir la fraternité avec ceux qui lui donnent un autre nom pour que Lui-même puisse nous donner de vivre la communion.

Isabelle

video SA

video IG

Providence chinoisÊtre la providence de la Providence…

Être la providence de la Providence… Que signifient ces mots pour moi aujourd’hui ? Aujourd’hui, mais en fait depuis longtemps, avant même de chercher et trouver le chemin de la vie religieuse, une question m’habitait. Peut-on faire quelque chose de positif de sa vie ? Peut-on aider Dieu, contribuer au bien de sa création ? Ce n’était pas une question évidente.
Peu à peu, je commençai à découvrir Marie de la Providence au travers de plusieurs de ses expressions favorites : « Providence de la Providence » en faisait partie. Quelle audace ! Quelle inconscience peut être.
Aider Dieu c’est peut-être avant tout lui faire place et tenter de ne pas décider seul du bien à faire.
Puis il faut apprendre, écouter, essayer de comprendre où servir au mieux avec ce que je suis. Cela ne se fait pas en solitaire mais prend toujours le temps d’une parole échangée avec d’autres. Cela peut mener loin, pour moi, à Lourdes ou en Inde aussi bien qu’à Champs-sur-Marne, sans jamais la garantie que c’est là qu’il aurait fallu être mais avec la certitude qu’être là était ce que je pouvais faire de mieux sur le moment, ce qui donne parfois une étrange liberté. Savoir que rien n’était indispensable, que le monde aurait bien continué et continue de tourner sans mon aide, et pourtant mettre toutes mes forces dans les travaux d’aujourd’hui, peut-être davantage pour rendre grâce que pour espérer peser dans la balance.
La Providence aujourd’hui, c’est pour moi ce dessein d’amour de Dieu qui sauve, in fine, toute vie humaine, tout ce qui est vie en l’homme et dans ce monde, au-delà des naufrages parfois monstrueux de l’histoire. Être « providence de la Providence » c’est peut-être seulement, inlassablement le reconnaître dans le silence, la parole et les actes menus dont nous sommes capables.

Marie-Claude

video BB

 

video SR

 

Province de France-Belgique des soeurs Auxiliatrices des âmes du purgatoire