Myriam C.    Marie-Françoise    Geneviève G.    Espérance    Céline    Isabelle G.    Bernadette    Marie-Odile    Françoise

Mes différents corps d'appartenance

Espérance évoque ses différents domaines d'appartenance et comment ils la transforment...

auxiC2c Espe-2- Rwandaise : je suis née au Rwanda et suis imprégnée de la culture rwandaise (histoire, langue, comportements...) ; les événements récents de 1994 m'ont beaucoup marquée (dispersion, mort, prison, infection du VIH/SIDA, etc., ont touché des membres de ma famille – biologique et auxiliatrice – et des amis).

- Chrétienne : beaucoup d'événements ont marqué ma vie chrétienne et ecclésiale. J'ai été baptisée très jeune, à une époque où le catholicisme était majoritaire au Rwanda. Mais au fur et à mesure que je grandissais, je me rendais compte que le fait d'être baptisée ne supprime pas les réalités inhérentes à notre nature. Je le voyais surtout avec les événements de 1994 dans lesquels aussi bien les chrétiens que les non chrétiens étaient impliqués. L'homme peut accueillir ou refuser la grâce en toute liberté.

- Auxiliatrice : quand je suis entrée chez les Auxiliatrices, je ne connaissais pas beaucoup cette congrégation. La phrase qui a retenu mon attention est : « Aider l'homme à atteindre le but de sa création ». Voilà ce qui me motive encore aujourd'hui et me donne le courage d'aller de l'avant. Je peux dire que d'un côté la vie religieuse est un don de Dieu que j'ai accueilli ; de l'autre, la réalité concrète de la congrégation, surtout sa dimension internationale, m'aide à aller de l'avant en toute confiance.


auxiC2c Espe-et-familler

- Travailleuse sociale : je rencontre et j'accompagne des personnes en situation de précarité socio-économique. Ce fut d'abord, au Rwanda, auprès des Batwa (les plus pauvres du pays), des handicapés mentaux, des déplacés de guerre, des orphelins et des veuves ; puis, en France, auprès des malades du Sida, des personnes sans domicile fixe, des personnes isolées en situation d'exclusion et de précarité (hommes sortant de prison, alcooliques et malades mentaux dans l'association Aurore où je travaille depuis décembre 2009).


Dieu m'a donné et me donne toujours rendez-vous pour le rencontrer et goûter davantage sa passion et sa résurrection à travers ce que vivent ces différentes catégories de personnes. Je me rends compte qu'elles ont besoin d'être réconfortées comme je suis réconfortée, d'être écoutées, soutenues à tous les niveaux de vie afin de retrouver le goût de vivre, de se mettre debout pour marcher. Toutes ces situations m'ont montré que l'être humain est limité et fragile et qu'il a besoin des autres. Ce qui est important pour moi, c'est la dignité et le respect de la personne humaine car la valeur de l'être humain réside non pas dans ce qu'il a, mais dans ce qu'il est.


auxiC2c Espe-et-soeurJ'ai découvert que la méthode d'intervention la plus utilisée en France est l'intervention d'aide à la personne. C'est une méthode riche qui permet une approche approfondie de la personne et de ses difficultés, elle rend le travail plus efficace en termes de rendement. Au Rwanda, la méthode employée est l'intervention sociale d'intérêt collectif, agissant sur le milieu social pour améliorer le cadre de vie, de développement, etc.

Un dernier élément à souligner c'est le rapport avec ma vie selon les vœux. Je suis en contact avec la misère et la pauvreté. Cela m'interpelle dans la mesure où je sais que quand je rentre à la maison, j'ai à manger, où dormir et des sœurs avec qui parler. Au niveau de l'obéissance, mon lieu de travail est mon lieu de mission. Je représente non seulement la congrégation mais aussi l'Église. Je ne peux pas raconter n'importe quoi car il en va du témoignage que je donne. Par exemple, certains me demandent pourquoi je ne suis pas mariée et n'ai pas d'enfants – « on peut te trouver un mari ». C'est ma vie de chasteté qui est en question ici. Mais l'essentiel est l'esprit de solidarité avec lequel j'accomplis mon travail.



Des points d'appui...        

auxiC2c MaisonMere- Communauté, compagnonnage : la communauté permet de sortir de l'isolement et du découragement car lorsque je trouve quelqu'un à qui me confier et m'ouvrir, cela m'encourage. La parole libère. Le fait d'être ensemble, de partager ce que l'on a et ce que l'on est, est une grande force pour aller de l'avant. Le fait de dépendre de la communauté facilite notre abandon à la Providence : le salaire, l'hébergement, etc., ne constituent pas le premier souci, même si la communauté doit subvenir à ses besoins grâce et par ses membres entre autres.

- Prière, discernement : les situations variées que je traverse me reviennent immanquablement dans la prière et appellent le discernement. En effet, je présente au Seigneur les moments de joie et les moments de peine. Mais la prière reste également une arme importante devant les hauts et les bas de la vie quotidienne. Cela me donne la paix intérieure, la tranquillité et la confiance en moi. Je crois au travail de l'Esprit Saint qui est toujours à l'œuvre dans ce que je fais, et à l'esprit d'écoute et de discernement qui m'habite quant il s'agit d'orienter les personnes.

- Relations et amitiés : je suis convaincue qu'il est absolument nécessaire d'avoir quelqu'un, un ami, une sœur, un guide spirituel, etc., à qui s'ouvrir. La parole libère surtout pendant les moments difficiles ou de doute. Le fait d'être originaire du Rwanda me pousse de temps en temps à rencontrer des compatriotes pour parler le kinyarwanda. Les relations et les amitiés ne sont pas incompatibles avec la vie religieuse et communautaire. Elles permettent de connaître les réalités extérieures à la communauté et traduisent par là l'ouverture aux autres. Mais certaines relations ou connaissances peuvent me faire du bien comme d'autres peuvent me décourager dans mon cheminement.

 

Province de France-Belgique des soeurs Auxiliatrices des âmes du purgatoire