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Elisabeth Oberson

 Oberson E

 

 

Proclamation de la Parole de Dieu au cours de l'Eucharistie :

Cantique des Cantiques 8, 6-7

Psaume 148

Matthieu 6, 25-34

 

 

actu9-Marie de la Providence

Commentaire de l'Ecriture

Cinquantenaire de la béatification

26 mai 2007
La Barouillère

 

En la proclamant bienheureuse en 1957, une époque où les béatifications et les canonisations étaient moins fréquentes qu'aujourd'hui, le pape Pie XII a reconnu, comme un don pour l'Église tout entière, la saveur évangélique particulière de la vie et de l'œuvre d'Eugénie Smet, une saveur qu'il exprimait ainsi :

« Que la charité envers les âmes souffrantes s'unisse intimement chez Eugénie Smet a l'apostolat le plus concret, le plus actif, le plus universel, voilà sans aucun doute un trait saillant de sa physionomie et le cachet particulier que Dieu voulut lui donner ».

Pour évoquer cette saveur évangélique particulière, nous aurions pu choisir de nous mettre à l'écoute de la parabole dite du Jugement dernier, qui nous rappelle que, au dernier jour, les gestes qui comptent sont ceux que nous posons jour après jour pour « les plus délaissé/es de ce monde et de l'autre »

« J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi   (Matt 25, 35-36).

Nous aurions pu choisir d'entendre le Seigneur Ressuscité nous envoyer « par le monde entier proclamer l'Évangile à toutes les créatures » (Mc 16, 15)…

… Et je suis sûre que chacune des Auxiliatrices présentes ce matin pourrait suggérer d'autres paroles de l'Écriture qui résonnent d'une manière particulière à l'évocation de la vie d'Eugénie Smet.

Parmi tous ces choix possibles, nous avons pourtant choisi d'en faire résonner un autre, plus déconcertant peut-être, dans l'invitation insistante qu'il nous lance à laisser tomber nos inquiétudes pour le présent et l'avenir, non pas parce que leur objet serait sans importance mais pour les resituer à leur juste place : « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît », autrement dit, en vous disposant activement à discerner les traces de Dieu à l'œuvre ici et maintenant, vous trouverez les gestes à faire, vous trouverez les paroles à dire, vous trouverez les actions à accomplir pour que chacune et chacun, « des profondeurs du Purgatoire jusqu'aux dernières extrémités de la terre » soit reconnu/e, aimé/e et respectée dans sa dignité humaine d'enfant de Dieu.

Si elle a toujours été, tout au long de sa vie, assaillie par l'inquiétude et le doute chaque fois qu'elle a dû prendre des décisions, Eugénie a aussi toujours trouvé la force intérieure de les dépasser grâce à sa foi indéfectible en Dieu, qui avait pour elle le visage aimant et attentionné de la Providence. De ce visage de Dieu, elle a reçu son nom, Marie de la Providence, et la ligne de conduite de toute sa vie : « être la providence de la Providence  ».

Aujourd'hui, avec toute l'Église, nous nous réjouissons et nous sommes dans l'allégresse car son nom, comme celui des hommes et des femmes qui nous ont précédé/es dans l'histoire de l'humanité, est inscrit à jamais dans le cœur de Dieu et dans le nôtre. A son exemple, osons confier nos vies à la Providence de Dieu, notre Père et, à l'écoute de son Esprit, laissons-nous entraîner toujours plus loin à la suite du Christ « vers un accomplissement auquel nous travaillons de toutes nos forces, mais que nous attendons comme un don » (Constitutions n°34).

Province de France-Belgique des soeurs Auxiliatrices des âmes du purgatoire