"Qui sont les Auxiliatrices dans notre société moderne ?"

C'est la question que s'est posée un résidant de la maison où vit la communauté de Versailles Clarté. Pour y répondre il a interwievé soeur Chantal qui a été longtemps archiviste de la congrégation et qui est décédée récemment.

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Au cours de nos entretiens, j’ai apprécié une personnalité attachante par la profondeur et la simplicité de son engagement. Tous, dans la maison, nous connaissons et fréquentons les « Sœurs Auxiliatrices » résidant parmi nous. Mais qui sont-elles dans notre société moderne ? J’ai découvert que leur vie permettait d’apporter au monde actuel un réconfort attentif et une aide aux formes variées.

Le parcours de vie de Sœur Chantal commence dans la normalité. Née en 1927 dans le Bugey (région bordée par le Rhône, proche du lac du Bourget), elle appartient à une antique famille savoyarde, elle fait preuve de dynamisme en toutes choses. Dès sa jeunesse, elle est studieuse, passionnée surtout par les activités sportives. Elle a le désir de fonder une famille avec de nombreux enfants. L’adolescence se révèle être une période de mutation. Lors de ses études secondaires à Lyon, commence, vers 14 ans, une recherche spirituelle appelée à se développer dans la suite, à Paris, lors d’études universitaires. Elle est consciente que l’amour humain ne peut lui suffire... L’écoute du Père Jésuite Daniélou, entre autres, marque son parcours. Vers 22 ans, sa recherche de spiritualité s’affirme et pour la concrétiser elle rejoint les membres de l’Institut des « Auxiliatrices des âmes du purgatoire ».

Cet ordre a été fondé par une Lilloise, Eugénie Smet, à Paris, en 1856. Son but : joindre dans un même élan de service et de prière les Vivants et les Défunts, selon ses propres mots, « aller des profondeurs du Purgatoire aux dernières limites de la terre ». Cette visée très large ouvre la porte à toutes les activités et missions. Elle donne aux Sœurs un sens à chacun de leurs gestes, du plus important au plus simple, mais leur préférence va vers les plus démunis. Ce qui est remarquable, c’est que leur engagement, loin d’être un empêchement, les incite à être présentes dans la vie courante. Par exemple, Sœur Chantal a travaillé pendant 17 ans dans un Cabinet de conseil, en vue de la réinsertion de personnes dans la vie sociale.

Les sœurs Auxiliatrices ne portent plus d’habit religieux mais une simple croix stylisée. Elles sont présentes, même en petit nombre, dans bien des régions : en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique. Elles sont aussi à Versailles, ici même, depuis 7 ans ! Elles partagent simplement, comme résidentes, la vie de tous les résidents.
Au « Royaume de Dieu », quel beau parcours que cette vie fraternelle, orientée vers le service de tous les démunis sans distinction ! Bref, un Institut qui répond bien, selon moi, aux besoins du monde d’aujourd’hui.

Province de France-Belgique des soeurs Auxiliatrices des âmes du purgatoire