Récits


Récits d'Isabelle, Marie-Odile, Agnès C., Agnès B., Christine, Françoise et Véronique.

 

IsabelleGiret1C'est seulement à 42 ans que j'ai pensé à devenir religieuse. Jusque là, ma foi avait connu des alternances : un engagement fort en aumônerie comme adolescente, suivi d'une période de grand doute comme jeune infirmière sur ce Dieu amour qui laissait mourir de jeunes mères de famille, puis un retour à la foi chrétienne à 30 ans, reconnaissant que pour moi Jésus-Christ est le Chemin et la Vie.

J 'ai alors cherché à vivre ma foi en me rendant utile aux autres tout en vivant bien comme célibataire : missions humanitaires et tourisme, sans engagement durable, heureuse dans mon métier d'infirmière... Mais je sentais un vide au fond de moi. A 40 ans j'ai éprouvé le besoin de donner une direction plus stable à ma vie, un sens définitif par un oui qui engage tout mon être, mais j'étais encore troublée par le mystère du Mal : pourquoi ceux qui profitent des autres prospèrent alors que ceux qui poursuivent la paix et la justice sont tués ?

Pour que Dieu réponde lui-même à cette question, j'ai choisi de faire une retraite spirituelle pendant la Semaine Sainte. J'y ai reconnu la vie du Christ comme une réponse à ce Mystère : Jésus n'avait pas supprimé la souffrance et la mort mais était venu les vivre avec nous et aujourd'hui il me demandait d'être avec lui auprès de ceux qui souffrent. J'ai dit oui, ce qui m'a depuis apporté joie et paix.

En même temps je lui demandais de m'éclairer sur la manière de vivre à sa suite : dans le mariage, le célibat consacré ou la vie religieuse. Pour m'aider à discerner le chemin, je me suis fait accompagner, j'ai pris des cours de théologie et suis allée à la messe en semaine. Deux ans après, je commençais mon parcours dans l'Institut des Auxiliatrices où je fais l'expérience que c'est l'amour de Jésus-Christ qui nous réunit. Notre vie communautaire, le partage sur nos missions, l'envoi par l'Institut, m'apportent la vie et m'aident à la voir à l'œuvre en ceux avec qui je suis et vers qui je suis envoyée.

Isabelle top

 

smopQu'est ce qui fait que je me suis engagée dans la vie religieuse auxiliatrice à l'âge de 25 ans ? Je crois que la réponse vient de mon enfance : vers 7-8 ans, j'ai pris conscience que mes parents me faisaient des cadeaux et j'ai eu le désir de leur en faire à mon tour. Ce qui me donne de m'engager dans la vie vient de ce désir de répondre à l'amour, à l'amitié qui m'est manifestée.

M'engager dans la vie religieuse est du même ordre : c'est ma réponse à l'amour du Christ. C'est parce qu'il aime les plus pauvres, les plus oubliés et ceux que j'aime mal ou difficilement que je peux croire qu'il m'aime aussi vraiment, avec cette part difficilement aimable en moi. Assez rapidement, j'ai compris avec étonnement que ma soif d'absolu et le désir d'apprendre à écouter en moi son Esprit demandait de m'engager dans une consécration totale plutôt que dans le mariage.

Vivre en communauté donne un cadre qui met le Christ au centre. J'aime notre diversité, tant culturelle que professionnelle, qui pousse à voir large. Cela m'aide à m'ouvrir à Dieu qui reste toujours cet Autre que nous attendons. Nous nous entraidons à voir la présence du Christ et de son Esprit dans les personnes et les situations que nous rencontrons et à les aimer. C'est cela pour moi « aller des profondeurs du purgatoire jusqu'aux extrémités de la terre » : c'est vouloir « sortir » comme Jésus n'a cessé de le faire pour aller rejoindre ceux qui l'espèrent, et apprendre à déchiffrer les différents langages qui disent cette espérance.

Cet appel à « rejoindre tous ceux qui passent par des situations d'épreuve et de croissance » est porté par un esprit de liberté et de confiance qui rend chaque Auxiliatrice responsable de la mission confiée. Cela est pour moi essentiel. Bref, si j'ai choisi d'être Auxiliatrice, c'est pour devenir une femme capable d'aimer en vérité, pas pour faire « bonne-sœur » !

Marie-Odile top

 

agnesCDepuis toute petite, un désir de prier, de parler à Dieu, de le connaître... Ce désir a grandi au fil des années. A 17 ans, pendant une retraite, j'ai demandé au prêtre : « le meilleur moyen pour que le Christ soit vraiment au centre de ma vie, est-ce que ce ne serait pas la vie religieuse ? » Il m'a répondu : « c'est un bon moyen en effet. Mais continuez donc vos études pour l'instant et réouvrez le dossier dans quelque temps. » Plus tard, à 25 ans, une autre retraite spirituelle m'a permis de 'réouvrir le dossier', de manière assez dérangeante. Cet appel à la vie religieuse revenait avec force et sonnait juste et vrai. Un accompagnement spirituel ignatien m'a permis de confirmer ce choix et, après quelques stages en communauté, de trouver dans quelle congrégation le réaliser. J'ai fait là l'expérience déterminante que la spiritualité ignatienne était une grande aide pour avancer et incarner mes désirs dans le réel.

Pourquoi les Auxiliatrices ? Au fil des mois et des rencontres, j'ai compris l'importance pour moi d'une vie religieuse apostolique : être apôtre (envoyée) au cœur du monde. Je pressentais aussi que la famille de Saint Ignace de Loyola pouvait être la mienne ; j'avais l'impression d'avancer sur un chemin solide : « ça tenait la route ». La dimension internationale des Auxiliatrices et leur esprit d'ouverture aux différentes cultures étaient importants pour moi. Enfin, il y a aussi tout simplement les rencontres avec des femmes qui semblaient libres, heureuses et très différentes les unes des autres, pas toutes dans le même moule. Ces raisons se sont enrichies et approfondies depuis. J'ai planté mes racines chez les Auxiliatrices et j'en rends grâce à Dieu souvent.

Agnès Ctop

 

agnesbTrès jeune, vers 14 ans, j'ai pensé à être missionnaire après une rencontre avec un jésuite qui était en Afrique. C'est vraiment le point de départ d'un appel à mettre mes pas dans ceux du Christ. Cette vocation s'est approfondie peu à peu, à travers diverses responsabilités et des événements, comme la mort de mon père le jour de mes 18 ans, qui m'a mûri et a retardé la réalisation de mon projet (je suis devenue la grande sœur d'une famille nombreuse jusqu'à 24 ans).

L'engagement à lutter pour la justice entre les pays du Nord et les pays du Sud, à aller vers les petits, les pauvres, ceux qui souffrent à la suite du Christ, s'est précisé dans cet appel missionnaire (avoir les pieds en Afrique). Je me suis donc mise à chercher une congrégation missionnaire, de spiritualité ignatienne. Un jésuite m'a orientée vers les auxiliatrices, que je ne connaissais pas du tout. La mort de mon père m'avait profondément marquée, un ardent désir de la rencontre de Dieu était en moi; sans que ce soit très clair, je voulais à la fois la vie contemplative et l'engagement à la manière de Jean Baptiste. Je voyais que les auxiliatrices étaient internationales, leur spiritualité m'attirait, de plus elles n'avaient pas de grandes institutions. J'avais aussi rencontrée une sœur auxiliatrice qui m'a beaucoup touchée par sa capacité de créativité et sa disponibilité au service des vietnamiens, je faisais alors mes études d'assistante sociale. Sa liberté me plaisait. Mon stage à Cherbourg m'a décidée Je voyais leur présence dans les quartiers, à la fois pastorale et sociale.

Ma joie a été grande le jour où je suis partie au Tchad rejoindre la communauté.

Agnès B. top

 

christinePMon cheminement vers la vie religieuse a été assez long. J'avais perçu depuis longtemps une fibre apostolique réellement constitutive de moi-même, comme de ma relation avec le Seigneur ; déjà, je la mettais en œuvre avec bonheur, mais je ne me voyais pas religieuse. 

Peu à peu l'appel à servir en Église s'est révélé être un appel à livrer ma vie de manière intime et radicale. Une réconciliation avec le Seigneur, quant à cet appel, s'est engagée. J'ai alors fréquenté l'une ou l'autre communauté, sans m'identifier réellement à aucune d'elles.

Quelqu'un m'a parlé des Auxiliatrices. J'ai mis encore un an pour me décider à venir à Paris et en un week-end, bien que tremblante devant l'enjeu, j'ai été séduite par les femmes que j'ai rencontrées. Cela n'avait rien de « spirituel » ou de raisonné, j'ai plutôt senti un peu intuitivement que je pourrais m'intégrer à elles...

Christine P. top

 

  

francoiseDJ'ai découvert et reçu beaucoup plus que ce que j'espérais au départ, ou plutôt ce que j'espérais s'est précisé et a pris du poids au fil des ans.

Il y a eu d'abord la spiritualité ignatienne dans son ensemble. Puis la méditation de la figure d'Ignace pèlerin a pris pour moi de plus en plus d'importance et son expérience « boiteuse » a éclairé ma route. En même temps le Purgatoire s'est mis à visiter ma vie. Ce n'est pas tant sur le registre de l'au-delà ou de la prière pour les défunts (ce qui me reste obscur) mais dans le fait que la rencontre de Dieu, chez d'autres que je connais et en moi-même est un feu, non pas dévorant, mais purifiant, car avancer vers Lui ou Le laisser s'avancer vers nous éclaire la distance qui nous en sépare. Ou encore découverte que le Christ déploie en nous un baptême qui n'est pas achevé car nous ne pouvons pas en supporter la radicalité, mais, au creux de ce passage, nous lui serons unis.

D'un autre côté, j'ai fait, et je fais toujours, l'expérience de relations interpersonnelles fortes. C'est ainsi que je vois le Corps auxiliatrice : une vie communautaire soutenue et irriguée par des relations personnelles fortes avec des sœurs de la communauté ou d'autres communautés.

Françoise top

 

veroniqueOAprès quelques rencontres avec une communauté d'auxiliatrices à St Étienne, l'appel du Seigneur s'est concrétisé très vite. Au noviciat j'ai découvert une famille, Marie de la Providence et la spiritualité ignatienne. Jésus-Christ était mon centre, ma raison d'être ; je vivais pour Lui. 

J'ai toujours trouvé des supérieures ou des sœurs sur qui je pouvais m'appuyer. Certaines m'ont aidée à trouver mon chemin et j'ai mesuré combien on peut s'aider les unes les autres à avancer. J'ai découvert l'amitié véritable dans l'Institut. C'est vrai que j'y suis heureuse, je ne regrette pas d'y être entrée. L'appel du Seigneur a été assez fort pour me permettre de tout traverser, avant et après mon entrée. Des fois, à la surface, ça s'agite, c'est la tempête, mais au fond, Il est là, même s'Il dort dans la barque !

Comme lorsque j'ai appris que je devais quitter le Rwanda. Je suis allée à la chapelle et je pleurais, je pleurais ! Et le Seigneur m'a dit : « Mais enfin, que cherches-tu ? Qui cherches-tu ? » Il m'a calmée ! C'est Lui qui fait notre route ! C'est Lui qui nous façonne !

Véronique top

 

Province de France-Belgique des soeurs Auxiliatrices des âmes du purgatoire